Des règles très abondantes, des douleurs menstruelles qui s’intensifient avec les années, une sensation de pesanteur dans le bassin ou des difficultés à concevoir peuvent parfois être liées à une adénomyose. Cette pathologie de l’utérus reste moins connue du grand public que l’endométriose, alors qu’elle peut avoir un retentissement important sur la qualité de vie.
L’adénomyose correspond à la présence de tissu de type endométrial au sein du myomètre, c’est-à-dire le muscle de l’utérus. Elle peut entraîner une augmentation du volume de l’utérus, des règles abondantes ou prolongées et des douleurs. Elle peut également coexister avec une endométriose ou des fibromes, ce qui rend parfois le diagnostic plus complexe.
Chez Gynélia, l’évaluation des règles anormales et des douleurs pelviennes s’inscrit dans une approche gynécologique globale : examen clinique, échographie pelvienne, orientation vers une imagerie complémentaire si nécessaire et discussion d’un traitement adapté au projet de vie et de grossesse.
Qu’est-ce que l’adénomyose ?
L’adénomyose est une affection bénigne de l’utérus caractérisée par la présence de glandes et de stroma de type endométrial dans le myomètre. Elle est parfois décrite comme une « endométriose interne », mais cette expression peut prêter à confusion : l’adénomyose et l’endométriose sont deux entités distinctes, même si elles peuvent coexister.
Sous l’influence des hormones ovariennes, les zones atteintes peuvent participer à une inflammation locale et à des modifications du muscle utérin. L’utérus peut devenir plus volumineux ou plus sensible. La sévérité des symptômes n’est pas toujours proportionnelle à l’étendue des images observées.
Quels sont les symptômes de l’adénomyose ?
1. Des règles très abondantes ou prolongées
Les ménorragies constituent un motif fréquent de consultation. Elles peuvent se traduire par des protections saturées rapidement, des changements nocturnes, des caillots ou des règles qui durent plus longtemps qu’auparavant. Des pertes répétées peuvent entraîner une carence en fer et parfois une anémie.
2. Des règles de plus en plus douloureuses
Une dysménorrhée secondaire, c’est-à-dire des règles qui deviennent douloureuses alors qu’elles l’étaient peu auparavant, mérite une exploration. L’adénomyose fait partie des causes possibles, aux côtés notamment de l’endométriose et des fibromes.
3. Une douleur ou une pesanteur pelvienne
Certaines patientes décrivent un bas-ventre lourd, une pression pelvienne ou des douleurs en dehors des règles. Des douleurs profondes pendant les rapports peuvent également être présentes, sans être spécifiques de l’adénomyose.
4. Fatigue, essoufflement et ferritine basse
Lorsque les saignements sont importants, la fatigue peut être liée à une carence martiale. Une numération sanguine et un bilan du fer peuvent être proposés selon les symptômes.
Adénomyose ou endométriose : quelles différences ?
| Point comparé | Adénomyose | Endométriose |
|---|---|---|
| Localisation | Dans le muscle de l’utérus (myomètre) | En dehors de l’utérus : péritoine, ovaires, ligaments, parfois vessie ou tube digestif |
| Règles abondantes | Fréquentes | Possibles mais non constantes |
| Douleurs menstruelles | Fréquentes | Fréquentes |
| Fertilité | Peut être affectée chez certaines patientes | Peut être affectée selon les lésions et le contexte |
| Imagerie | Échographie pelvienne, parfois IRM | Échographie experte, IRM selon la situation |
Comment diagnostique-t-on l’adénomyose ?
Le diagnostic commence par un interrogatoire précis : évolution des règles, quantité des saignements, douleur, contraception, désir de grossesse, antécédents et éventuels symptômes d’endométriose.
Échographie pelvienne
L’échographie, notamment par voie endovaginale lorsque cela est approprié, est un examen important en première intention. Elle peut mettre en évidence des signes compatibles avec une adénomyose et rechercher d’autres causes de saignements ou de douleurs, comme un fibrome.
IRM pelvienne
L’IRM peut être utile en deuxième intention, notamment lorsque l’échographie est non informative, en cas de discordance avec les symptômes ou lorsqu’une cartographie plus précise est nécessaire.
À Gynélia, les patientes présentant règles abondantes, douleurs pelviennes ou suspicion d’adénomyose peuvent bénéficier d’une évaluation gynécologique au 1 Passage du Chemin Vert, 75011 Paris.
Adénomyose et fertilité : peut-on tomber enceinte ?
Avoir une adénomyose ne signifie pas être infertile. De nombreuses femmes conçoivent spontanément. Néanmoins, des associations ont été décrites entre adénomyose et difficultés de fertilité ou complications obstétricales dans certaines situations.
L’interprétation doit rester individualisée car l’âge, la réserve ovarienne, une endométriose associée, les trompes et le facteur masculin jouent également un rôle.
Lorsqu’un projet de grossesse existe, la stratégie thérapeutique doit intégrer ce projet dès le départ. Une chirurgie qui compromettrait l’utérus ne se discute évidemment pas de la même façon chez une femme souhaitant une grossesse que chez une patiente dont le projet parental est terminé.
Quels traitements pour l’adénomyose ?
Traitement des symptômes
La prise en charge peut inclure des antalgiques et, selon le profil de la patiente, un traitement hormonal destiné à diminuer les saignements et les douleurs. Le dispositif intra-utérin au lévonorgestrel fait partie des options utilisées pour réduire les saignements liés à l’adénomyose.
Quand discuter une chirurgie ?
La chirurgie n’est pas systématique dans l’adénomyose. Elle peut être discutée lorsque les douleurs ou les saignements restent importants malgré un traitement médical adapté.
Le choix dépend surtout de vos symptômes, de l’étendue de l’adénomyose et de votre projet de grossesse. Si vous souhaitez préserver votre fertilité, les traitements conservant l’utérus sont privilégiés et la chirurgie doit être discutée avec prudence.
Si vous n’avez plus de projet de grossesse et que les symptômes restent très invalidants, une hystérectomie peut être proposée : c’est le traitement définitif de l’adénomyose. Dans certaines situations, une embolisation des artères utérines peut également constituer une alternative permettant de conserver l’utérus.
La décision doit toujours être personnalisée et prise après discussion des bénéfices, des risques et des alternatives.
Quand consulter ?
- Règles devenues nettement plus abondantes ou plus longues
- Douleurs menstruelles qui s’aggravent avec le temps
- Fatigue persistante, essoufflement ou suspicion d’anémie
- Douleurs pelviennes ou pendant les rapports
- Difficulté à concevoir associée à des symptômes utérins
Les spécialistes Gynélia
Pr Sofiane Bendifallah – Chirurgien gynécologue
Spécialisé en chirurgie gynécologique robotique, endométriose, fertilité et pathologies bénignes de l’utérus. Il intervient notamment dans les situations nécessitant une expertise chirurgicale complexe.
Dr Elise Furet – Chirurgien gynécologue
Experte en chirurgie gynécologique et pelvienne, elle participe à l’évaluation et à la prise en charge des pathologies utérines et des douleurs pelviennes.
Questions fréquentes
Non. Dans l’adénomyose, du tissu de type endométrial est retrouvé dans le muscle de l’utérus, le myomètre. L’endométriose correspond à des lésions situées en dehors de l’utérus. Les deux pathologies peuvent toutefois être associées.
Oui. Des règles abondantes ou prolongées font partie des manifestations fréquentes de l’adénomyose et peuvent favoriser une carence en fer ou une anémie.
Oui. Certaines patientes ont peu ou pas de douleur. D’autres présentent des règles très douloureuses, une pesanteur pelvienne ou des douleurs pendant les rapports.
Le diagnostic repose sur l’histoire clinique et l’imagerie, notamment l’échographie pelvienne experte. Une IRM pelvienne peut être utile lorsque l’échographie ne suffit pas ou pour préciser la cartographie.
Le traitement dépend des symptômes, de l’âge et du projet de grossesse. Il peut associer traitements antalgiques et hormonaux. Chez certaines patientes sans projet de grossesse, une stratégie chirurgicale ou de la radiologie interventionnelle peut être discutée.

